Rencontre avec Guillaume Attwood et Frédéric Verdure, costumiers de « Pas de gondoles pour Denise »

Les Caramels fous ne seraient pas aussi fous sans l’originalité de leurs costumes et “Pas de gondoles pour Denise” n’y échappera pas… les personnages s’annoncent hauts en couleurs ! Rencontre avec Guillaume Attwood et Frédéric Verdure, nos charmants et oh combien talentueux costumiers.

L'atelier costumes

L'atelier

C’est dans un petit atelier à Montreuil que nous retrouvons donc ces artistes fous, au milieu de costumes, de masques, de chapeaux et d’accessoires. Un caramel est en place pour un essayage et l’ambiance est à la création, à l’épinglage, à la coupe de tissu…et aux rires. Tout comme la compagnie des Caramels fous, leurs costumiers travaillent dur, certes mais dans la joie et la bonne humeur ! La séance terminée, nous prenons place enfin, les regards sont fatigués mais pétillants, le sourire est généreux, l’interview peut alors commencer…

Propos recueillis par Miko.

 

Bonjour Guillaume et Fréderic, pouvez vous, pour commencer, nous expliquer brièvement vos parcours professionnels ?

Guillaume Atwood

Guillaume Attwood

Guillaume Attwood (GA): Pour ma part, j’ai un brevet de technicien de mode sur mesure et un DMA (Diplôme des Métiers d’Art) de costumier-réalisateur. J’ai ensuite travaillé dans le secteur de la mode, mais pas très longtemps pour ensuite exercer dans le costume et le spectacle avec une formation plutôt traditionnelle de tailleur à l’opéra. Bien que mon parcours soit très large, la base est tout de même très technique avec des ateliers, de la coupe et du montage propres aux costumes tant pour le cinéma, le théâtre mais également le cirque avec une spécialisation pour les costumes d’époque.

 

 

Frédéric Verdure

Frédéric Verdure

Frédéric Verdure (FV) : Moi en revanche, je viens du monde de la Mode et “Pas de gondoles pour Denise” est l’une de mes premières expériences en tant que costumier. J’ai un brevet de vêtement sur mesure et accessoires. Ma formation de base est surtout technique dans le Flou (Robes du soir et mode féminine). Pour mon parcours professionnel, je suis entré dans une grande maison de couture à l’âge de 19 ans pour ensuite m’orienter vers le “style”. Mon rôle était de proposer des créations en conservant les lignes et l’image du couturier mais ce travail était surtout basé sur le bien aller du vêtement. Cependant, le couturier pour lequel je travaillais était un passionné de théâtre et tant les formes, les lignes que les choix de matériaux spécifiques aux costumes ne me sont pas inconnus. Travailler aujourd’hui pour les Caramels Fous est une expérience différente mais très enrichissante.

 

Comment avez-vous été amenés à travailler pour les Caramels fous ?

Planche costumes "Pas de gondoles pour Denise"

Planche costumes "Pas de gondoles pour Denise"

GA : Je suis arrivé chez les Caramels pour la création des costumes de la comédie musicale “Mme Mouchabeurre” en 2008. Cela s’est fait par le biais d’un des Caramels fous que je connaissais depuis plusieurs années, qui m’a indiqué que la compagnie recherchait un costumier et m’a demandé si je serais intéressé de rencontrer la Compagnie et envisager une collaboration. Je ne connaissais pas Les Caramels fous et j’en ai découvert l’esprit et le fonctionnement seulement le jour où j’ai fait ma première proposition de costumes… Où sont les filles ? Ben il n’y en a pas ! (rires). J’avais uniquement travaillé sur le scénario ! Je suis donc tombé un peu des nues mais l’histoire s’est mise en place. On a donc travaillé sur cette création et c’était super ! C’est vraiment une chouette compagnie, les textes de Michel Heim sont très bons et surtout cet univers de garçons habillés en fille, de parodie et d’humour m’ont plu et j’ai donc poursuivi l’aventure pour ce nouveau spectacle.

FV : Pour ma part, ça s’est sensiblement passé de la même façon. Je suis arrivé par l’intermédiaire d’un Caramel fou également qui m’a parlé de la création de “Pas de gondoles pour Denise”. Je connaissais déjà les Caramels fous depuis 5 ans à peu près. J’ai d’abord rencontré la compagnie puis Guillaume et on a commencé à travailler ensemble sur le projet.

 

Justement, venant d’univers différents et Guillaume ayant déjà travaillé sur le spectacle précédent, comment s’est passé votre rencontre et votre travail en commun ? 

Frédéric et Guillaume en plein essayage avec Laury

Frédéric et Guillaume en plein essayage avec Laury

FV : Ca a été très compliqué ! (rires).

GA: Non… en fait, j’avais parlé d’abord avec Franck Isoart, le Président des Caramels Fous. afin de lui indiquer que nous aurions un léger problème puisque j’étais bien entendu partant pour la création des costumes mais que je risquais d’être moins disponible que sur Mme Mouchabeurre. Franck m’a alors parlé de Frédéric qui pourrait faire le relais. Je me suis dit que c’était parfait ! On nous a alors mis en relation et on a mis à plat nos idées. Je lui ai transmis ce sur quoi j’avais commencé à travailler en lui expliquant les principes et l’univers que je recherchais et je suis réapparu cinq ou six mois après. On ne savait pas du tout comment ça allait évoluer mais tout s’est très bien passé. Frédéric avait commencé à travailler sur des maquettes et à partir de ce moment là, il me semblait logique que l’on avance ensemble. On a donc passé trois semaines dans l’atelier à dépouiller le texte, imaginer les costumes un à un, définir ce qu’on voulait et on a travaillé main dans la main.

 

Comment s’est passée la période consacrée à l’imagination des costumes ?

GA : Contrairement à Mme Mouchabeurre qui était plutôt une comédie musicale “historique”, c’est à dire basée sur des périodes précises comme les années 50 ou 70. ”Pas de gondoles pour Denise” est un spectacle plus contemporain, on a donc décidé de partir sur des costumes plus actuels en se basant plus sur de l’achat de vêtements que de la création… bien qu’au final, il y a plus de fabrication que d’achat ! Mais la création s’est vraiment faite à deux. Du fait que Frédéric ait pu travailler avant, on a pu procéder à partir des maquettes qu’il avait dessinées.

FV : A la lecture du texte, on a tout de suite décidé de partir sur un univers plutôt moderne. « Pas de gondoles pour Denise” étant une sorte de Revue et Denise étant un personnage pour le moins atypique, on a imaginé des aplats de couleurs et de motifs, Le reste des personnages est tout aussi haut en couleurs !

GA : En effet, je pense sincèrement que les costumes pour ce nouveau spectacle sont à la fois très différents pour nous mais aussi pour les Caramels fous.

 

“Contemporains”, “Pop”, quels autres adjectifs pourriez-vous donner pour qualifier l’univers des costumes de “Pas de gondoles pour Denise” ? 

GA : C’est un peu prétentieux si on le dit ! (Rires)

FV : Nous sommes partis sur l’univers des films de Pedro Almodovar. Si l’on regarde les personnages, on peut en effet retrouver certaines références. La gérante de l’institut pour exemple est tout a fait “Marisa Paredes”, Denise pourrait tout à fait être “une femme au bord de la crise de nerfs” ou encore Rossy de Palma jouant la bonne dans “Kika”.

 

Bien que certains costumes ont apparemment été faciles à imaginer, y en a-t-il au contraire qui ont été plus difficiles à imaginer ou créer ?

GA : Sans dévoiler le spectacle, il y a des costumes de policiers et on voulait vraiment ne pas tomber dans la facilité.

FV : Oui, on ne voulait pas du “Pinot” ou de simples flics. Il y avait surtout beaucoup de contraintes quant aux changements rapides de costumes. On a donc évité d’imaginer des costumes avec un ensemble chemise-veste-pantalon.

GA : En effet, ça a donc été une grande recherche de pouvoir avoir cette image de policiers sans rester sur du costume de base. C’était une belle recherche et quand je vois le rendu, je suis content.

FV : Les autres contraintes étaient que beaucoup de caramels apparaissent dans différents rôles, il fallait donc trouver des idées de manière à ce que l’on ne les reconnaisse pas selon les scènes.

 

Frédéric, pour ta part, c’est ta première expérience avec les Caramels fous. Avais-tu déjà été amené à devoir imaginer des costumes de femme portés par des hommes ?

FV : C’était la première fois. Je me souviens de l’une des premières réunions avec les metteurs en scène, Michel Heim, Alma de Villalobos et Nicolas Kern, où je leur avais proposé par exemple un tailleur avec pantalon. Il m’a tout de suite été répondu qu’un tailleur pantalon sur un homme fait forcément masculin. Ayant toujours habillé des femmes, je n’avais effectivement pas pensé à ça. C’était donc très intéressant de rechercher ce qui peut faire féminin sans faire travesti.

GA : En effet, c’est une part du travail difficile, il ne faut pas de coup de bluff ! Pas de fausses hanches, pas de faux seins. C’est un vrai travail sur corps qu’il y ait des formes ou que celui-ci soit mince. Tout le monde a une silhouette différente, autant la respecter. Tout se joue sur l’attitude.

 

Pour la création, vous avez forcément beaucoup travaillé… mais vous avez eu aussi l’aide de petites mains ?

GA : On a eu deux stagiaires. Félicia, pendant la phase de préparation des costumes qui est en école de costumier à Cannes puis on a eu Camille, qui a travaillé avec nous pendant la période de livraison, qui vient de la même école. On a également reçu l’aide de Damien, un fou des Caramels qui avait déjà aidé sur Mme Mouchabeurre, Véronique, qui a travaillé sur les costumes de groom et enfin Margot qui s’est occupé des perruques.

 

Maintenant que les costumes sont pratiquement finis, quel regard portez-vous sur votre travail ? 

FV : Je n’ai pas assez de recul et c’est toujours un peu compliqué pour moi de me sentir satisfait mais en tout cas l’ambiance est là et c’est cohérent.

Frédéric et Laurent Plessi

Frédéric et Laurent Plessi

GA : Je suis content ! Ca me rend heureux de vous voir. C’est très différent de “Mme Mouchabeurre”. Dans le ressenti, je pense que c’est plus abouti. Visuellement, ça me plaît, les personnages sont là.

 

Partants donc pour le prochain spectacle ?

GA : Ah oui !

FV : Il est difficile de répondre maintenant mais dans l’absolu je dis oui !

Commentaires

Un commentaire pour “Rencontre avec Guillaume Attwood et Frédéric Verdure, costumiers de « Pas de gondoles pour Denise »”
  1. Karine Baldaccini dit :

    Bravo Guillaume !!!!!! <3

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