Interview d’un régisseur fou des Caramels !

Didier Lepeltier suit les Caramels fous depuis plus de 10 ans. Tour à tour, fan, fou allié, il est aujourd’hui régisseur sur « Pas de gondoles sur Denise ». Il nous parle de son parcours auprès de la compagnie.

 

 Quand as-tu découvert « Les Caramels fous » ? Avec quel spectacle ?

Au Trianon en juin 2000, grâce à mon meilleur ami qui m’a emmené voir « Les Aventures de l’Archevêque perdu ».

 

Qu’est-ce qui t’a plu dans ce spectacle ?

Tout ! Le rythme, le fait que les airs soient connus, les chorégraphies, la mise en scène, la subtilité, l’humour grivois du texte toujours sur le fil mais jamais vulgaire. Et puis, il y a l’ambiance de la salle : se sentir, au cœur de la foule, porté par les spectateurs qui applaudissent, crient, réclament, rient encore, tapent du pied et sentir tout le théâtre vibrer au moment des derniers instants de la soirée : quel pied !

 

Alors tu as eu envie de faire partie de la troupe ?

Je ne suis doué ni pour le chant, ni pour la danse. Il n’était donc pas question de me présenter aux auditions pour entrer dans la troupe mais j’avais envie de participer d’une manière ou d’une autre. Tout d’abord je suis devenu “Fou des Caramels”. Les “Fous des Caramels” sont des fans qui apportent un soutien financier à la Compagnie. Et puis, je suis devenu “Fou allié”. Les “Fous alliés” sont ceux qui participent aux ateliers périphériques au travail sur scène : atelier de confection des costumes, de fabrication des décors, de création des outils de communication….

A quel atelier périphérique as-tu participé ?

Pour l’atelier de confection des costumes, je n’avais pas suffisamment d’expérience. L’atelier de fabrication des décors était situé trop loin de mon domicile pour que je m’y rende régulièrement ; de même pour l’élaboration des outils de communication. Par contre je pouvais être présent lors des représentations pour assurer l’accueil et le placement du public. C’est ainsi que, tour à tour, j’ai vérifié les billets, conduit jusqu’à leurs fauteuils les spectateurs désorientés, en leur souhaitant une bonne soirée, distribué les programmes. Bref, j’ai participé à tout ce qui entoure la représentation de l’entrée du public jusqu’au lâcher de ballons final.

Didier Lepeltier avec Michel Heim

Avec « Pas de Gondoles pour Denise » tu te rapproches encore un peu plus de la troupe ?

En effet, les Caramels fous avaient besoin de bras supplémentaires pour la régie. C’est comme cela qu’après avoir été pressenti pour gérer la salle et l’accueil du public, j’ai fait mes premiers pas de régisseur plateau lors des dernières représentations de “Madame Mouchabeurre” au Gymnase. C’est un choix que je ne regrette absolument pas aujourd’hui.

Didier Lepeltier avec les pintades des "Dindes galantes"

En quoi cela consiste d’être régisseur ?

L’équipe des régisseurs participe aux changement de décors et de costumes et il y en a beaucoup dans “Pas de gondole pour Denise”. Il s’agit également de gérer les éventuels effets techniques, de lancer les ouvertures et fermetures des rideaux, de s’assurer que tout est en place avant le début du spectacle et, lorsque la salle est prête, de donner le top départ du spectacle sous la houlette du régisseur général.

Didier Lepeltier avec le cygne et le coq des "Dindes galantes"

Tu as participé à la tournée de Mme Mouchabeurre ?

Absolument, en touchant du doigt la vie de bohème, j’ai vu une autre facette du fonctionnement de la troupe. C’est un challenge évident que d’essayer de s’intégrer à un groupe de près de trente personnes qui fatalement a ses habitudes. En fait, l’accueil et la convivialité des Caramels ont rendu les choses très faciles et puis il y avait eu le stage de répétition de quelques jours au moulin de Cherottes, en Normandie qui permet de renforcer encore la cohésion du groupe tout en répétant de façon intensive et en préparant des numéros spéciaux pour la fête annuelle des “Fous des Caramels”.

Didier Lepeltier avec Rocky et Roxy de "Madame Mouchabeurre"

Riche de ces nouvelles expériences, ta vision de la troupe a-t-elle été modifiée ?

Totalement, cela m’a permis de découvrir, répétition après répétition, comment naît un nouveau spectacle. J’ai pris conscience que la fluidité, la légèreté, l’apparente simplicité d’un spectacle sont le fruit d’un long et parfois douloureux travail. Vous chantez dans votre salle de bains. Bien ; à présent, passez au salon pour ajouter au chant deux ou trois pas de danse tout en essayant d’exprimer le sens de ce que vous chantez. Vous verrez que très vite, vous ne contrôlez plus les paroles ou la justesse du chant, à moins que ce ne soit la maîtrise de vos bras, de vos jambes, ou l’expression de votre visage. Didier Lepeltier avec les Glups de "La Bête au Bois Dormant"Maîtriser à la fois le texte, le chant, la chorégraphie et l’expression théâtrale, ne s’obtient qu’au prix d’un patient travail étalé sur de longs mois ; travail qui doit finalement s’effacer pour que le spectacle donne l’illusion d’une grande facilité. Sans compter qu’au fil des répétitions, le jeu, la mise en scène, les textes sont souvent retravaillés voire totalement modifiés pour tendre vers une plus grande fluidité, un rythme plus enlevé, ou un effet plus fort.

 

Depuis combien de temps aides-tu les Caramels fous lors de leurs représentations ?

Depuis plus de dix ans, à présent. J’ai vu défiler les spectateurs de pratiquement toutes les représentations données par les Caramels fous depuis 2002, de « La Vie rêvée Solange » à « Madame Mouchabeurre » en passant par « La Revue qui va faire mâle », « Les Dindes galantes » et « La Bête au Bois dormant ».

 

En dix ans tu as assisté à toutes les représentations ; ce n’est pas un peu ennuyeux à la longue ?

Pas du tout. C’est un bonheur d’être là chaque soir, d’essayer d’embrasser toutes les subtilités du spectacle en portant tour à tour son attention sur un élément différent, en changeant souvent de place lorsque l’on est en salle et de voir les choses encore sous un autre angle lorsque l’on est dans les coulisses et donc de les ressentir à nouveau différemment. Pensez ! Plus d’une vingtaine d’acteurs sur scène, quelle richesse ! A chaque représentation, je découvre quelque chose de nouveau, un détail passé jusque là inaperçu, une trouvaille d’un comédien, un imprévu. Finalement je crois que ce qui m’apporte le plus de plaisir c’est de pouvoir observer les spectateurs depuis différents points de la salle. Anticiper leurs réactions, les voir rire, les sentir heureux d’être là, si loin de leurs soucis du quotidien, partager leurs émotions et se dire que je peux y participer, même pour une infime partie, quelle satisfaction ! Et quel contentement supplémentaire que de vivre tout cela au cœur des Caramels !

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