Confessions d’Antony Puiraveaud, l’auteur

Auteur de Il était une fois complètement à l'Ouest

Auteur de Il était une fois complètement à l’Ouest

Antony Puiraveaud, l’auteur nous conte la naissance de ce spectacle complètement à l’Ouest !

« Je suis l’aventure des Caramels fous depuis quelques années, très admiratif de la qualité quasi professionnelle de leurs créations, des textes de Michel Heim, mais aussi de leur démarche de créer des spectacles prônant la tolérance avec légèreté, avec cette volonté de ne jamais exclure quiconque, en utilisant ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise : cette mémoire commune des refrains populaires et des airs classiques.

J’ai alors décidé de présenter un projet à la troupe des Caramels fous. Un western. Mais j’ai dû d’abord répondre à deux questions. Pourquoi un western ? Et surtout, était-il vraiment pertinent de raconter une histoire de cow-boys en 2014 ? Comment est née cette idée de western ? De mon intérêt pour la littérature américaine.

D’ailleurs cette histoire a finalement plus à voir avec l’Amérique rurale de Mark Twain qu’avec un film de Sergio Leone. J’étais en train de lire un roman de Cormac McCarthy sur l’amitié virile de deux jeunes texans en virée au Mexique quand m’est venue une question : si un cow-boy vivait dans une pièce des Caramels fous, qu’avouerait-il à son pote ? Que son rêve avait toujours été d’être une danseuse de saloon, bien sûr ! Cela cadrait parfaitement avec mon envie de développer une histoire dans un lieu unique de type cabaret, et de jouer avec « une scène dans la scène ».

Mais cet univers était-il intéressant à développer en 2014 ? J’avais envie de parler de tolérance bien sûr, une des valeurs que les Caramels fous n’ont cessé de défendre, mais en allant au-delà des catégories, en montrant que toutes les discriminations se rejoignent et ne sont généralement que l’expression d’une même domination.

Placer des garçons sensibles dans un environnement débordant de machisme et de testostérone, à l’aube des grands combats pour les droits civiques, m’a alors semblé un bon moyen de mettre en perspective les droits des femmes, des minorités ethniques, et des minorités sexuelles. Cela s’est d’ailleurs révélé très actuel lorsque des mouvements féministes sont montés en première ligne pour la défense du Mariage pour Tous pendant l’hiver 2012.

C’est en tout cas l’un des messages que j’ai voulu mettre en avant : l’avancée des droits des homosexuels doit beaucoup au féminisme, et ces combats se doivent d’être solidaires.

Et puis je trouvais cohérent de parler de liberté au travers de son symbole le plus exagéré : l’esprit américain, et sa farouche soif de liberté, que ce soit d’aimer qui l’on souhaite ou de s’armer à outrance.

Ces « nobles intentions » ne doivent cependant pas cacher l’objectif essentiel : faire rire en détournant des chansons que l’on croyait connaître par coeur. Au-delà de ces grandes phrases plein de lyrisme, il y a sans doute des raisons plus prosaïques, ou plus souterraines : le désir de personnages féminins hauts en couleurs tels que ceux croisés dans les pages de « Lucky Luke »… l’envie de faire revivre le cimetière des « Aventures de Tom Sawyer »… le fantasme d’habiller de chaps et de chemises à carreaux ces comédiens enthousiasmants… le plaisir d’utiliser les thèmes d’Ennio Morricone…

Une fois le projet accepté, les Caramels fous m’ont poussé vers plus de noirceur : aussi drôle et joyeux soit-il, un saloon dans le Kansas des années 1890 était loin d’être un salon de thé. Finalement, quelques ruptures de tons parsèment ce récit humoristique, donnant à quelques scènes une tonalité fantastique surprenante pour un western, ou bien laissant libre cours à l’émotion que suscitent des retrouvailles…

En tout cas, cet univers n’a jamais été un frein à la créativité de la troupe. Les chorégraphies mélangent claquettes et tango, et tant pis pour les puristes de la danse country. Les références musicales, choisies par l’ensemble de la troupe, sont toujours aussi variées et intergénérationnelles. Elles achèvent d’insuffler à ces codes du western un décalage bienvenu.

La pièce fait donc la part belle à la folie dont ont toujours fait preuve les Caramels. Elle ne se veut surtout pas réaliste. Car après tout, c’est une pièce qui parle de liberté ! Elle comporte donc son lot d’anachronismes (non, Sylvie Vartan ne chantait pas encore en 1890…), et quelques surprises.

Quelques surprises, et un brin de magie, comme dans toute histoire qui commence par « Il était une fois… « 

Commentaires

2 Commentaires pour “Confessions d’Antony Puiraveaud, l’auteur”
  1. crassin jluc dit :

    bravo cette audace me rappelle de bons moments que dis-je , de grands moments

    excentrique et ambiguë

    • crassin jluc dit :

      moderer c’est se taire

      nous avons tous un petit grain de folie
      pour dire a la BACKER  » vivre que c’est beau de vivre… »

      allez je vous laisse
      salut

Laisser un commentaire

Newsletter

Les Caramels fous sur Facebook